Charlotte Perriand (1903-1999)

Personnalité incontournable du monde du design, Charlotte Perriand est une pionnière en son domaine. Parmi les premières femmes à devenir architecte d’intérieur, elle conçoit des pièces de mobilier et imagine le cadre pour les recevoir. Sa conception novatrice des matériaux et de l’espace a contribué à redéfinir le quotidien pour en faire un véritable art de vivre.

Formée à l’école de l’Union centrale des arts décoratifs à partir de 1920, elle suit en parallèle les cours de Maurice Dufrêne, le directeur artistique de la maîtrise des Galeries Lafayette. Toute jeune, elle participe avec ses camarades à l’Exposition internationale des Arts décoratifs de 1925 à Paris. Ses études terminées, elle expose ses créations personnelles dans les Salons de la capitale. Dès 1927, la créatrice entame des recherches pour la réalisation de mobilier en métal, un matériau encore étranger à l’ameublement de cette époque. Elle imagine un ensemble complet en aluminium et acier chromé. La presse l’encense : c’est son premier grand succès.
S’en suivent dix années de collaboration, de 1927 à 1937, au sein de l’atelier Le Corbusier et de son cousin Pierre Jeanneret où elle participe à tous les chantiers, comme la villa Savoye, en tant que responsable de la fourniture du mobilier. De leur association naissent de célèbres meubles comme la chaise longue B 306. À bascule, en cuir et en métal, son profil épouse les formes du corps.

Invitée par le gouvernement japonais, la décennie suivante est marquée par la découverte des savoir-faire extrême-orientaux. Chargée d’orienter la production industrielle du Japon, Charlotte Perriand réside à Tokyo puis Osaka. Désirant rentrer en France, elle est retenue sur place en raison du conflit. Elle s’installe alors en Indochine avant son retour à Paris en 1946.

Proche de l’avant-garde, Charlotte Perriand fréquente dès ses débuts Fernand Léger et Jean Prouvé. Membre de l’Union des Artistes Modernes puis du mouvement Formes utiles, elle initie une réflexion sur l’aménagement des petits et modestes espaces. Concevant des meubles de rangements ou des cuisines modulables, elle réinvente encore l’habitat collectif des années 1940 et 1950. L’expérience nippone lui a fait prendre conscience de l’importante du vide, du désencombrement nécessaire de l’habitation pour que, dans le foyer, puisse s’exercer un véritable art de vivre.

M.F

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