Niki de Saint Phalle (1930-2002)

Artiste complète, peintre, sculptrice, réalisatrice, Niki de Saint Phalle que l’on connaît surtout pour ses Nanas et Tirs (performances), crée aussi des bijoux. Membre des Nouveaux Réalistes avec César, Christo ou Yves Klein c’est une instinctive qui ne reçoit aucune formation académique.

Après des débuts dans le mannequinat aux États-Unis et à la suite d’une hospitalisation en 1953, elle réalise ses premières peintures et assemblages.
Dans son œuvre impressionnante (3500 pièces), la femme demeure un thème fondamental. Depuis la série des Mariées jusqu’aux formes joyeuses de ses Nanas, elle ne cesse de questionner le rôle de la femme et se fait l’écho des revendications sociales de son époque. Cependant, elle ne souhaite pas rejoindre le mouvement féministe dans les années 1960 considérant qu’elle a « toujours été féministe, naturellement » (1). Elle a continuellement refusé le rôle que l’on voulait bien assigner aux femmes. Elle prouve dans son travail monumental, les jardins et les fontaines, qu’elle s’est attribuée une place dans un monde d’homme. Une folie des grandeurs oui, mais au féminin !

À partir de 1971, qui coïncide aussi avec son mariage avec Jean Tinguely, elle débute la création de pièces de bijouterie. Pendant vingt ans, elle travaille avec Giancarlo Montebello, designer et orfèvre italien, à la création de séries limitées. Broches en forme de serpent tortillé, nanas à porter sur l’épaule, cœurs, soleils, fleurs, mains comme des porte-bonheurs.

L’univers dessiné et sculpté de Niki de Saint Phalle est réinventé dans ses parures. Véritable héroïne, elle avait compris que l’on pouvait toucher à tout. Ses engagements militants associés à une créativité un peu délirante hissent le Nana Power au sommet de l’art.

M.F

(1) Citation extraite d’un entretien radiophonique pour l’émission A voix nue de France Culture du 30 mai 2002.

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